Ma puce,
Tu sais que les poèmes ce n'est pas mon truc mais j'avais besoin de t'écrire ce mot, cette sorte de lettre que j'aimerais faire parvenir jusqu'à toi...
Je me souviens très peu de ton arrivée, je n'étais qu'un microbe d'un an et quelques, mais j'ai toujours chérie ton histoire que papa adorait raconter.
Petite chatonne, de trois mois à peine, dans la rue...
Un mois de novembre, glacial et neigeux, comme la nature aime donner à cette Savoie...
Tu as vu une sorte de pièce, de la lumière alors que la nuit était tombée...
Tu as eu cette touche d'espoir d'avoir trouvé un toit pour t'abriter de la tempête et tu as miaulé, avec tes dernières forces devant cette grande chose que les humains appellent "porte"...
Et c'est là qu'on t'as ouvert, un grand bonhomme aux cheveux noirs, portant un sorte de tissu blanc, un tablier à ce qu'on t'a dit ensuite.
Terrifiée mais glacée, tu t'es jetée dans ses jambes, elles étaient chaudes...
Il a vite refermé la porte puis a piqué un peu de jambon et de lait pour toi, tu mourais de faim et tu n'as pas mis longtemps pour tout avaler et en réclamer à ta façon à cet humain...
Il t'as ensuite réchauffée comme il a pu, tu avais peur, bien sûr, mais quelque chose t'ordonnait de te laisser faire et d'être confiante...
Il s'est occupé de toi un moment, il ne pouvait se résoudre à te remettre dehors...
Alors il est monté par un truc nommé escalier, dans un nouvel endroit: c'était ta future demeure, mais personne ne le savait encore...
Il a réveillé un nouvel humain, différent de lui, c'était une dame...
Il était 5 heures du matin mais elle n'a pas hésité à se lever de suite pour s'occuper de toi, l'autre humain t'as laissé à ses soins: il devait travailler et avait pris un retard monstrueux pour toi...
Tu as été farouche, griffant tout ce qui t'approchait, tout le monde peut en témoigner, mais Maman a veillé sur toi toute la matinée...
Tu as fais connaissance avec un petit machin, semblable aux humains, mais tellement minuscule, c'était moi...
Malgré ta sauvagerie, tu n'as jamais été brusque avec moi, dès le premier jour tu t'es laissée manipulée alors que tu refusais le moindre autre contact...
Le premier humain est revenu, tu as appris que c'était mon père, que la dame était sa femme aussi...
Tu es tombée, surprise, nez à nez avec un machin plein de poils, notre Belle, une chienne comme on t'a dit...
Puis sur une autre bestiole aux poils longs, te regardant de loin, Tam, la chatte de Maman...
Les premiers jours n'ont pas été faciles, tu étais perdue dans cet endroit appelé appartement, et tu ne laissais personne s'approcher, j'étais la seule à le pouvoir sans me faire défigurée!
Quand tu mangeais, il fallait se couvrir bien comme il faut pour préparer ta gamelle, tu grimpais sur les jambes, le dos etc...
Une fois celle-ci prête, il fallait la déposer et partir en courant!
Tu sautais sur tout ce qui pouvait entrer dans la pièce à ce moment là!
Papa et Maman ont mis plein d'affiches, se demandant où pouvait bien être ton propriétaire...
Mais rien, jamais personne ne t'as réclamée...
Plus le temps passait, plus tu t'adoucissais, tu étais moins agressive et tu as commencé à tolérer notre présence.
La première fois où tu as cherché les caresses et que tu as ronronné, Papa
a dit que tu resterais à nos côtés, que tu avais déjà pris trop de place dans notre c½ur...
Le temps est passé non sans quelques accrochages, Tam et toi ne vous supportiez pas, on n'a jamais su pourquoi mais on a fait avec...
Puis on t'as emmenée dans un autre endroit, une sorte de petite maison, mais tu n'étais pas heureuse, alors Papa t'as emmenée dans une autre petite maison, un "fournil" qu'il a dit...
Et tu as trouvé ton bonheur: tu pouvais sortir comme tu le voulais, tu étais près de cet humain qui t'avais sauvée, tu avais le droit à tous les caprices, et à un grand four tout chaud, contre lequel tu te posais pour dormir...
Tu es restée douze années ainsi, Maman et moi venions souvent te voir, mais c'est avec Papa que tu étais la plus heureuse...
Votre relation était fusionnelle, un regard de l'une ou de l'autre, et vous vous compreniez...
Il était d'ailleurs le seul à pouvoir tout te faire sans rien avoir à craindre!
Et il ne s'en ait jamais privé, il adorait t'embêter...
Puis il a fallut partir ailleurs, tu t'es retrouvée à nouveau dans un "appartement".
Tu as remarqué que Belle n'était plus, elle avait une tumeur à la colonne vertébrale inopérable et la faisant souffrir, le véto a poussé un peu plus l'anesthésie et elle est partie doucement à 11 ans...
Tu t'en doutais, tu nous avait vu pleurer et tu avais sentis notre peine...
Tu t'es retrouvée nez à nez avec un gros truc marron, il t'était arrivée de la croiser, elle s'appelle Praline...
Les premiers temps ont été difficiles, plus de sortie dehors, Tam dans le même endroit que toi...
Puis Tam est devenue malade, son état s'est dégradée en une semaine, et il a fallu l'emmener, on l'a aidée à partir...
Tu es devenue encore plus câline avec Maman, tu voulais la consoler...
Un petit chaton est arrivé une bonne année après son départ, il est roux, il parait qu'il s'appelle Tigrou, tu le tolères dans la condition qu'il ne te regarde que de loin!
Puis on a déménagé à nouveau, et tu as enfin pu revivre les joies d'une maison...
Tu étais souvent dehors, on ne t'obligeait à rester dedans que l'hiver quand il faisait trop froid, surtout la nuit...
Tigrou a disparu, une petite sauvageonne est entrée à la maison: Minette, elle lui ressemble énormément mais ça ne colle pas trop avec toi...
Puis elle est repartie comme elle était venue...
Mais toi, tu étais toujours auprès de nous, adorable comme toujours...
Un petit matou a fini par arriver à la maison, il te ressemble beaucoup, noir et blanc comme toi, il s'appelle Bounty.
Tu lui as tout appris, malgré ton petit caractère et le fait que tu faisais l'indifférente devant nous, tu le veillais toujours de loin...
Deux ans ont passé, tu as vu arriver des oiseaux (que tu n'avais pas le droit de toucher!) et une lapine...
Tu étais plus blasée qu'autre chose à la fin!
Puis un jour, Bounty est parti et n'est plus jamais revenu...
Mais toi, tu étais toujours là pour tenter de sécher nos larmes...
Le temps a continué de passer, tu vieillissais, mais tu étais toujours fidèle à toi-même...
Des caprices en plus!
Comme celui de la nourriture: plus de croquettes, la viande a tellement meilleur goût!
Mais il fallait changer de sorte tous les deux jours, sinon tu te lassais et refusait!
Il fallait d'ailleurs que certaines soit réchauffés, bien plus à ton goût que froides!
On faisait tout pour toi, se lever en pleine nuit parce que tu avais faim aussi...
Dernièrement, une petite chatonne est arrivée à la maison: elle s'appelle Duchesse.
Tu lui as tout appris, malgré ton gré parfois: elle te copiait!
Puis quelques mois plus tard, elle s'est dédoublée!
Puis tu as appris que non, qu'un nouveau chaton était arrivé, lui ressemblant énormément: "Diablo", tu crois...
Tu as continué de t'occuper de Duchesse et un peu de Diablo aussi...
Quelques mois ont passés, tu as fêté tes 17 ans, c'est fou ce que ça passe vite...
Tu as pris un petit coup de vieux, quelques poils cuivrés sur le noir, tu as maigris mais tu allais bien!
Les gens disaient que tu ne faisais pas ton âge, et c'est vrai qu'on ne s'étonnait plus de ça venant de toi!
Mais il y'a quelques jours tu as commencé à maigrir, à manger peu...
On a senti que tu n'avais pas la forme, mais tu aimais toujours les câlins, surtout de Papa!
Et tout s'est écroulé il y a deux jours...
Tu t'isolais à l'intérieur, tu ne mangeais plus...
On te voyait partir, on pensait que tu partirais doucement dans ton sommeil malgré l'espoir que tu remontes...
Mais ça n'est pas arrivée, on t'as vu dépérir sous nos yeux...
Puis une journée affreuse, tu avais du mal à respirer, tu ne voulais pas qu'on t'approche, on a pensé que c'était la fin...
Puis le soir ça allait mieux, un petit espoir, et tout a empiré en début de nuit avant que Papa ne parte au travail.
On t'as dis Adieu, effondrés...
Mais le lendemain matin tu étais encore en vie, mais quelle vie?!
Couchée sur le côté, à peine consciente, cherchant de l'air et miaulant avec les dernières forces qui te restaient...
Tu nous appelais à l'aide, on n'avait pas le droit de te laisser souffrir...
On t'as emmenée comme on a pu au véto, je ne sais même pas si tu étais consciente.
Puis il t'as endormie à jamais...
Papa t'as creusé un petit coin près d'un arbre, et nous t'avons enterrée là avec quelques roses contre toi, un dernier hommage pour toi...
Je sais que tu ne souffres plus, tu avais l'air si apaisée, c'est la seule chose qui nous rassure...
Pardon de ne pas avoir su te rendre ta liberté plus tôt, on en était bien incapable, et tu as souffert toute une nuit par notre faute...
Ce n'est que lendemain que nous avons trouvé la force de t'aider à partir, tu nous appelais au secours et c'était la dernière preuve d'amour qu'on pouvait te donner...
Pardon Granule, j'espère que tu nous pardonneras un jour...
Tu nous manques tellement, la maison est si vide sans toi...
Les deux petits ont perdu leur joie de vivre, Praline est si maussade depuis ton départ...
Nous te pleurons, à chaudes larmes, tout nous rappelle à toi, à ton absence...
Tu te souviens de ce que disais Papa? "Je n'ai pas un chat, c'est mon chat qui a un homme!", je peux te dire que ton homme te pleure, te cherche, il est effondré...
C'est ainsi que votre histoire d'amour se termine, 17 ans de bonheur, et à jamais dans notre c½ur...
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A Granule, partie rejoindre son nouveau paradis, le 1er octobre dernier...
Tu nous manques énormément, on t'aime mon ange...
Merci pour hier soir, qu'importe ce qu'on dira de moi, je sais que tu étais là...